RSCA

Récit de Situation Complexe Authentique (RSCA)

RSCA : ça veut dire quoi ?
Nous parlons de Récit de Situation Complexe Authentique (RSCA) ou encore de Récit de Situation Clinique Authentique.

Un RSCA, ce n’est pas :

  • une situation obligatoirement compliquée, type errance diagnostique, cas pathologique exceptionnel ou faute médicale ; une consultation pour rhinopharyngite peut donner lieu à un très bon RSCA ;
  • un cours ni une question de type ECN sur une maladie, un résumé d’une recommandation, un traité sur la relation médecin-malade, etc.

Un RSCA, c’est obligatoirement :

  • une situation que vous avez vous-même vécue, au cours d’un stage hospitalier, d’une garde, de votre stage chez le praticien ou SASPAS, ou éventuellement en remplacement ;
  • une situation qui vous a marqué parce que vous avez été mis(e) en difficulté ou qu’elle vous a paru exemplaire de votre pratique future et a généré un questionnement de votre part.

Une situation complexe, c’est une situation :

  • qui a mobilisé plusieurs dimensions du soin : bio-médial, psychoaffectif, environnemental, éthique, administratif, médico-légal, etc.
  • pour laquelle plusieurs stratégies de prise en charge existent, où la prise de décision se fait en situation d’incertitude.

Quel est l’objectif pédagogique des RSCA ?

Le RSCA montre à votre évaluateur que vous êtes capable de faire l’analyse d’une situation professionnelle (= auto-évaluation) et de mettre en oeuvre des objectifs d’apprentissage (= auto-formation). Les étapes pédagogiques sont :

  • analyser une situation clinique vécue pour y repérer les compétences mises en jeu,
  • prendre conscience des manques et des imperfections dans la prise en charge réalisée et en déduire les compétences restant à acquérir,
  • synthétiser les points essentiels d’auto-évaluation et d’auto-formation réalisés, permettant d’améliorer son raisonnement clinique et ses stratégies de prise en charge.

Comment choisir un cas clinique complexe pour faire un RSCA ?

  • Toute situation clinique peut en théorie faire l’objet d’un RSCA.
    Pour vous lancer :
  • Repérez au fil de votre stage chaque situation que vous avez vécue et pour laquelle vous ne vous êtes pas senti(e) à l’aise ;
  • Rédigez le plus tôt possible le récit de cette situation pour vous remémorer les éléments factuels ou vous permettre de les retrouver plus tard dans le dossier médical (caractéristiques du patients, autres protagonistes, déroulement chronologique des faits, etc.) et les stratégies / actions que vous avez réellement mises en oeuvre ;
  • Listez les points marquants de la situation et de votre prise en charge (comme si vous deviez résumer la situation à un confrère) ;
  • Situez ces points marquants dans les champs (dimensions) du soin :
    • Bio-médical,
    • Psychoaffectif,
    • Environnemental,
    • Ethique,
    • Administratif,
    • Médicolégal, etc.
  • Si la situation clinique vécue comportait au minimum 2 à 3 dimensions du soin différentes, vous avez une situation COMPLEXE adaptée à un RSCA ! S’il n’y a qu’une dimension du soin, ce n’est pas considéré comme un RSCA mais comme une simple trace d’apprentissage.

Quel est le plan type d’un RSCA ?
Le plan recommandé comprend (cf. modèle sur le site du portfolio électronique) :

  1. Récit de situation
  2. Synthèse des points marquants
  3. Analyse de la situation vécue : Auto-évaluation
  4. Auto-formation : résultats des recherches
  5. Recontextualisation
  6. Transférabilité
  7. Bibliographie

Quelle est la longueur attendue d’un RSCA ?

Pour avoir un ordre de grandeur : 2 à 3 pages pour le récit, 1 à 2 pages pour l’auto-évaluation, maxi 6 pages de recherches, 1 à 2 pages de recontextualisation et transférabilité, 1 à 2 pages de bibliographie.
Les RSCA de plus de 25 pages ne seront pas acceptés, car un esprit de synthèse est nécessaire. (A compter du 1er novembre 2016 pour les travaux présentés à prévalidation)

Comment sont évalués les RSCA ?

Les tuteurs et les membres du jury de portfolio et/ou du DES ont une grille d’évaluation des RSCA. Vous pouvez utiliser cette grille pour faire une autoévaluation de vos travaux, notamment sous l’oeil critique formateur de votre tuteur. Nous vous recommandons aussi de vous référer à la grille de « relecture de votre RSCA » qui inclut les niveaux attendus en fonction de l’année de DES.


Les règles de rédaction du RSCA

 

1. Récit clinique complet

Il s’agit d’un récit de type « narration » qui doit permettre au lecteur de « vivre » la situation clinique comme vous l’avez vécue. Dans ce récit, vous racontez tout ce qui s’est passé, comme vous le raconteriez à un(e) ami(e) médecin (écrit en français correct), afin que celui-ci (celle-ci) puisse se mettre à votre place. Il est nécessaire que le lecteur puisse bien comprendre le déroulement réel du cas clinique (objectivité), mais aussi votre vécu, les réactions du patient et/ou des protagonistes (subjectivité). Il est nécessaire d’expliciter particulièrement votre démarche clinique (analyses diagnostiques, réflexions personnelles, décisions prises, actions entreprises).
Écrivez à la première personne (« je ») et au présent, en mentionnant vos ressentis personnels, émotions, réflexions et actions. Dans le respect du secret professionnel, vous devez impérativement rendre anonyme aussi bien les patients que les protagonistes, en utilisant des initiales fictives et en évitant de citer des lieux et des temps précis (« Un samedi matin d’hiver, en stage hospitalier de gynécologie, mon chef de garde XB me demande de le suivre pour examiner Melle Sophie J. (…) »). Faites attention à anonymiser aussi les documents (photos, ECG, RX,…) que vous pourriez joindre à vos RSCA.

2. Synthèse des points marquants :

Listez les points marquants comme si vous deviez résumer la situation à un confrère ou à votre chef de service, sous la forme d’une courte énumération. Les points marquants sont ceux qui résument le récit et permettent de comprendre les principaux enjeux. Par exemple, certains éléments de contexte peuvent être utiles s’ils ont influencé la prise en charge (« – Patiente de 17 ans consultant en milieu de nuit aux urgences d’un petit CHG – interrogatoire de la patiente limité par une barrière de langue (turque) – etc. »

3. Auto-évaluation :

Ce travail réflexif doit se faire « à froid », à distance de l’action, et pourra être stimulée par les interactions avec votre tuteur.
L’auto-évaluation doit aboutir à la description des compétences qui ont/auraient été utiles au médecin généraliste au cours de cette situation professionnelle, dans les conditions dans lesquelles elle a été vécue.
Pour débuter l’auto-évaluation, vous pouvez à partir de votre récit chercher à répondre à la question : que fallait-il savoir faire pour avoir l’attitude professionnelle la plus adaptée ? Il vous sera souvent nécessaire au préalable d’expliciter votre démarche clinique (comment vous avez analysé la situation, fait appel à des ressources externes, pris votre décision, agit vis-à-vis du patient ou des collègues, etc.). Ensuite, vous devrez argumenter le pourquoi de vos analyses, recours, décision, actions, comportements, etc. Plusieurs compétences doivent émerger de ce questionnement.
La seconde étape consiste à repérer, parmi ces compétences nécessaires, les manques et les imperfections : celles qui vous ont posé problème, celles pour lesquelles vous n’avez pas la certitude d’avoir eu l’attitude professionnelle la plus adaptée. Dans le cas où vous ne seriez pas certain(e), la réalisation d’une recherche documentaire simple permet de conforter votre compétence ou aboutit à la confirmation d’un besoin d’auto-formation.
Enfin, les compétences manquantes ou incomplètes doivent être traduites en questions de recherches qui annoncent le plan de la partie « résultats ».Pour vous aider dans cette étape, la plus complexe, vous pouvez vous aider des 6 compétences du médecin généraliste (de la marguerite des compétences) pour questionner la situation vécue.

4. Résultats des recherches

Pour chaque question / problématique posée, vous devez chercher par tout moyen la réponse qui aurait été la plus adaptée DANS LES CONDITIONS DE VOTRE SITUATION COMPLEXE. Pour cela, vous devez faire un travail de recherche classique avec choix des mots clés, sélections de recommandations ou d’articles originaux, etc.
Lorsque vous formulez votre réponse, elle doit être synthétique, c’est-à-dire faire la synthèse si possible des différents documents lus. Vous devez aussi discuter le niveau de preuve de ce que vous avez trouvé lors de vos recherches.

5. Recontextualisation

Faites la synthèse des résultats trouvés en revenant concrètement à la situation clinique du récit. Essayez de juger si, ou comment, votre prise en charge aurait pu être meilleure grâce aux nouvelles connaissances et compétences acquises à l’occasion de ce RSCA. En somme, vous répondez à la question : « Compte-tenu des conclusions de mes recherches, et si c’était à refaire pour cette situation donnée, qu’aurais-je pu faire différemment ? ».

6. Transférabilité

Cette conclusion, qui doit être courte, sert à résumer ce que le RSCA vous a apporté comme connaissances ou compétences (idées fortes à retenir pour votre pratique future). Dites si les nouvelles compétences que vous avez acquises en rédigeant ce cas clinique pourront être utiles dans votre future vie professionnelle et comment vous les mettrez en pratique : c’est la transférabilité des compétences acquises.

7. Bibliographie

La bibliographie d’un RSCA doit être présentée comme pour tout travail universitaire : norme Vancouver, y compris pour les références consultées sur Internet (auteur, titre, URL et date de consultation). Toutes vos références doivent être appelées dans le texte des résultats par leur numéro d’apparition entre parenthèses.
L’insertion de tableau, photo, graphique… sera immédiatement suivie de l’indication précise de la source et son inclusion dans les références bibliographiques.

Les traces d’apprentissage dont le journal de bord et les RSCA doivent impérativement respecter le secret professionnel.

Patients, internes et médecins ne doivent pas être identifiables ; en particulier, se méfier de l’iconographie (radio, ECG, photo, etc.) sur laquelle il conviendra de flouter les identités ainsi que les situations exceptionnelles facilement reconnaissables.
Les lieux et dates des soins doivent être aussi imprécis que possible tout en permettant de situer l’action (un jour d’hiver 2015, etc.).
En cas de prénom inhabituel, en particulier pour un enfant, un prénom d’emprunt sera préféré.

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